
Avec ELLE
La plus belle femme du monde
est toujours celle dont les yeux savent vous parler d’amour.
Pablo NERUDA
AMGHAS
Un soir, quelque part, au pied du moyen Atlas, la nuit tait douce, juste en dessous de la température du corps. De ces nuits, favorables l’imprévu, réticentes au verbe creux et qui préparent en silence, le baiser maladroit furtivement, comme un flocon de neige dans les mirages du désert. L’âme se détend, l’esprit se repose et la raison s’oublie. Les sens deviennent réceptifs au moindre changement dans le regard qui s’interroge, la main qui se cherche, entre la chaleur du corps et celle qui jaillira quand les corps se rejoignent…
Même torpeur dans l’âme, même état d’esprit…
Comme si le contexte n’était là que comme un décor qui change, l’histoire reste « UNE » !
Dois-je continuer ?
Autour du feu, les regards deviennent immobiles, se contentant du spectacle des flammes, la lumière dansante qui réchauffait les visages semblait envouter les esprits. Une douce torpeur, en partie cause de l’odeur du bois qui brûle, mais surtout, grâce au silence rythmé par le chant du grillon. De temps autre, la présence de l’un ou de l’autre s’impose et, c’est comme dans ces films de magie où l’âme quitte doucement le corps pour aller, presque en rampant vers les fines chevilles immobiles et froides. Comme une lame de fumée, elle s’enroule plusieurs fois autour des pieds et remonte le long des mollets qu’elle paraît lécher pour s’élargir et s’attarder sur le galbe des genoux, pour descendre en riant le long des cuisses…
C’est à ce moment qu’elle se réveille en sursautant, toute baignée de cet état proche de l’orgasme ; elle paraît sortir de ce genre d’état qui la terrorisait et qu’elle aimait tant : SE LAISSER ALLER !
Elle se rendit compte et se rattrapa : « Nourredine… ! ton feu est en train de mourir... » quasiment un aveu indirect de cette joie interne qu’elle ressent, chaque fois que mes réactions sont l’image de ce dont elle a besoin : se sentir femme, attirante et importante et Cela ne voulait dire qu’une chose, elle a aimé cette incursion discrète dans l’espace vital de son corps.



